Moi Kikinette, je suis une dure, une vraie, une tatouée ! J’ai survécu !

KIKINETTEL’angoisse au cœur, voici un mois déjà que j’erre. J’ai très faim.

Je suis déboussolée, je ne retrouve pas  la maison de mes maîtres. Je cherche à manger, je cherche un coin où dormir sans danger …

Mes maîtres et moi, on a quitté  la région parisienne pour s’établir au pays des volcans. Mais qu’est ce qui m’a prise de vouloir explorer le nouveau jardin ? De cigales en papillons, me voici hors de la maison dans un dédale de rues inconnues.

J’ai très faim, j’ai peur, je marche espérant reconnaître ma nouvelle maison, apercevoir mes maîtres.

Alors que je déprimais, le dieu des chats m’envoya un hérisson repu. Celui-ci m’indiqua fort courtoisement un coin où l’on trouve à manger pour «pas cher». Il y a des dames qui y viennent régulièrement nourrir un groupe de félins. Lorsque je m’approche pour manger, je suis stoppée par un magnifique mâle aux crocs brillants qui me lance : “c’est quoi ça ? Pas touche minouche, ici commence le territoire du clan JIJI”.

Dans un mouvement désespéré je fonce dans l’abri à nourriture gardé comme une forteresse par la colonie de chats libres.  Ce sont, dit-on, des chats qu’une association a identifié et stérilisé et qui servent de sentinelles lorsqu’un nouvel arrivant est détecté. Je parviens à voler 4 croquettes entre chien et loup.

Et je me résigne à devenir moi aussi un chat sans maître.

Mais le dieu des chats en décide autrement.

Quel instinct me pousse à interpeler la nourrisseuse ce samedi ? J’ai  le courage de me montrer ! Pourtant j’ai peur, j’ai été chassée plusieurs fois, toutes ces semaines, lorsque je tentais de m’approcher de gens pour demander de l’aide.

La dame me dit : “qui es-tu toi, petite poulette, je ne t’ai jamais vue avant ? Elle me prend dans ses bras et continue “Tu es très douce mais d’une grande maigreur ! Hé ! Mais tu es tatouée !”

Je me laisse emmener chez le vétérinaire, on décrasse mon oreille avec un coton d’alcool pour lire mon tatouage.

Ca y est mes maîtres sont identifiés et en deux temps trois mouvements je me retrouve dans le salon accueillie en héroïne par mes petits maîtres et mon père humain. Je me suis perdue à Aubière, j’ai été retrouvée à Beaumont.

J’entends la dame nourrisseuse dire qu’il y a  8 000 000 de chats errants en France et que sans l’identification autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Le « chat » de l’aiguille c’est moi alors ?

Mon maître m’a sauvée en me faisant identifier (et stériliser).